Poezii traduse in franceza ale unor poeti romani


V. Voiculescu



LE TEMPS S’ÉCOULE

Le temps s’écoule comme de l’eau
Et lave le visage du monde
L’âme lutte pour s’échapper
De la tumultueuse mêlée 
Et des torrents immondes.

Prise dans les serres de l’agonie
Elle sombre et de nouveau remonte,
Martèle les portes de l’infini,
Mais le secret, nul ne le conte,     
Elle sombre et de nouveau remonte.

Ion Minulescu



ROMANCE SANS MUSIQUE

Que nous nous aimions – tout le monde le sait –
C’est la vérité
Combien de temps nous nous aimerons
Toi et moi jamais ne le saurons
Puis, nul  ne le saura
Ni, jamais, ne l’apprendra…

On s’est connus au pays où autrefois
Manon Lescaut aima Des Grieux,
Par un crépuscule automnal orchestré
En violet
En blanc
En rose
Et bleu.

La première fois c’est dans un parc que l’on s’est aimés
Là où les Nymphes de marbre aux yeux persiflants
Rivés sur la pelouse,
Regardaient un dieu avec ses flèches d’argent
Narguer ceux qui l’évitaient…
Et on s’est aimés,
T’en souviens-tu ?
Ah, ta blouse de soie
Semblait un péplum déchiré
Sur le sein d’une Vénus qui mourait!...

Avec tant d’ardeur on s’est aimés
Que les statues nous regardaient
Avec leurs yeux jaloux…
Et le petit dieu resta pétrifié
En sa main, une flèche empoisonnée
Oui, on s’est aimés
Et aujourd’hui tout le monde le sait
Combien encore on s’aimera
Nul jamais ne le saura!
George Bacovia



LACUSTRE 


Depuis des nuits j’entends la pluie,
La matière pleure dans mon ouïe…
Solitaire, le songe me conduit
Vers les cités lacustres.

Les planches humides sont mon lit,
Une vague noire l’a englouti
Dans mon sommeil je tressaillis …
Ai-je donc ouvert le levis…

Un vide historique se creuse,
Je plonge en des temps lointains
Quand sous la force de la pluie
S’écroulent les lourds pilotis.

Depuis des nuits j’entends la pluie,
Dans l’attente, tremblant sans fin,
Solitaire, le songe me conduit
Vers les cités lacustres.




Lucian Blaga 



SILENCE

Il y a tant de silence alentour que je crois entendre
les rayons de lune heurter la vitre.

Dans ma poitrine s’est éveillée une voix étrangère
Un être chante en moi la nostalgie
Qui n’est pas mienne…

On dit que les ancêtres morts avant l’âge
le sang encore jeune dans leurs veines
dans les veines de grandes passions,
dans les passions un vif soleil
viennent...
ils viennent couler en nous
leurs jours non venus.

Il y a tant de silence alentour que je crois entendre
les rayons de lune heurter la vitre.

Oh mon âme, qui sait dans quelle poitrine tu chanteras
toi aussi après des siècles,
sur les  tendres cordes du silence
sur une harpe d’obscurité la nostalgie étranglée,
la  joie de vivre brisée
qui sait,
qui sait…



Ion Barbu



L’ARBRE

Hypnotisé par la lumière profonde et cristalline
des calmes voûtes au-dessus de lui, il voudrait
broyer le zénith ; affolé il aimerait déguster
à travers mille branches crispées, la potion opaline.

Ni les vagues de la nuit ni le rideau humide
des nuages, n’en chassent l’image sereine
d’un éclat bleu sa vision est pleine
malgré, autour de lui, les brumes liquides.

Quand l’auguste automne l’a de nouveau baigné
de tons du crépuscule, quand l’automne lui a servi
sous son casque de feuilles les fruits parfaits…
entrant dans la simple et commune harmonie
avec tout ce qui limite et attache, en paix
dans son arrière-saison, l’arbre vers la terre se plie.





Magda Isanos


JE NE REGRETTE PAS


Je ne regrette pas une histoire d’amour
Mais c’est si triste, inaccoutumé
De sentir que, tel un fil trop court,
Une belle chose en vous s’est brisée.


Je ne sais exactement ni quoi ni quand
Car tout est arrivé comme c’eût été rêvé…
Demander à d’autres, l’envie vous prend,


Si tout s’est bel et bien  passé.

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